AN OPEN LETTER TO THE FIRST MINISTERS OF CANADA REGARDING THE IMPORTANCE OF CONSULTING WOMEN’S ORGANIZATIONS IN ANY CONSTITUTIONAL AMENDMENT AND/OR SENATE REFORM PROCESS

November 8, 2013

TO:
The Right Honourable Stephen Harper, Prime Minister of Canada
The Honourable Alison Redford, Premier of Alberta
The Honourable Christy Clark, Premier of British Columbia
The Honourable Greg Selinger, Premier of Manitoba
The Honourable David Alward, Premier of New Brunswick
The Honourable Kathy Dunderdale, Premier of Newfoundland and Labrador
The Honourable Bob McLeod, Premier of the Northwest Territories
The Honourable Stephen McNeil, Premier of Nova Scotia
The Honourable Eva Aariak, Premier of Nunavut
The Honourable Kathleen Wynne, Premier of Ontario
The Honourable Robert Ghiz, Premier of Prince Edward Island
The Honourable Pauline Marois, Premier of Québec
The Honourable Brad Wall Premier of Saskatchewan
The Honourable Darrell Pasloski, Premier of Yukon

CC:
The Honourable Thomas Mulcair, M.P., Leader of the New Democratic Party of Canada
The Honourable Justin Trudeau, M.P., Leader of the Liberal Party of Canada

Re: Senate Reform Reference

Dear Ministers,

On November 12, 2013, the Supreme Court of Canada will begin its hearings on the Senate Reform Reference. The Reference is the first since the patriation of our Constitution to address how, as between governments, changes to our democratic system of representation may be made. We write today to urge you to advocate for the importance of consulting national women’s organizations in any constitutional amendment and/or Senate reform process. In addition, we write to urge you to ensure that the persistent under-representation of women in our Parliament will finally be ameliorated.

For changes to our most fundamental institutions to be legitimate in this post-patriation period, Canadians must have a genuine opportunity to comment on them. In particular, any Senate reform process must be developed after transparent, open and accountable consultations with Canadian women in all their diversity. Ideally, such consultations would include hearings in every province and territory of Canada and should be accessible and sufficiently resourced to hear from all interested women’s organizations.

As rights-holders under the Constitution, women clearly have an interest in the interpretations and application of the Constitution. (1) We expect governments to explicitly consider and address how changes to our parliamentary democracy meet their obligations to ensure that the principles of equality enshrined in the Canadian Charter of Rights and Freedoms are applied to any proposed constitutional amendment or reform of governmental structures.

The outcome of this Reference will affect the manner in which Senators are chosen in the future. Any new selection and/or election processes must address the historic underrepresentation of women, minorities and Aboriginal peoples in Parliament. Over almost a century from women’s first right to hold office, and almost half a century from the Royal Commission on the Status of Women, women do not yet even approach gender parity by population, let alone attaining, as a matter of course, the level of participation historically accorded to men. (2)

The undersigned do not take a position with respect to the division of powers aspects of the Reference, nor do we take a position on the preferred route to reform of the Senate.  We rather urge that all governments ensure that whatever process is undertaken, the mistakes of past constitutional amendment processes will not be repeated.  Any such process must take into account the established principles of constitutional law.  Women in Canada and other Charter rights-holders have a right to be included in any Senate reform process and any Senate reform process must promote substantive equality for women and minority groups.

We do not see the Reference as the end point before Senate reform – we see it as the beginning point.  We call upon all First Ministers to ensure that we have the opportunity to have our views heard and addressed in considering any changes to our democratic arrangements.

Signed by:
Women’s Legal Education and Action Fund (LEAF)
Canadian Association of Elizabeth Fry Societies (CAEFS)
Canadian Federation of University Women
Equal Voice Toronto
Metropolitan Action Committee on Violence Against Women and Children (METRAC)
National Association of Women and the Law (NAWL)
The Canadian Council of Muslim Women
The National Council of Women of Canada
West Coast Legal Education and Action Fund (West Coast LEAF)
YWCA Canada

1. For a detailed discussion of this position, please see the attached memorandum of argument submitted by LEAF in its motion to intervene in the Reference.
2. Information from the Library of Parliament confirms that, overall since the Persons Case decision in 1929, 92 women have been appointed to the Senate, compared to 841 men.  Women currently account for 38 of 105 Senators, or 36.3%.  Women have never reached parity in the House of Commons (or indeed in any provincial legislature).  Women currently account for 76 of 308 members of Parliament, or 24.7% as of April 1, 2013. Statistics are not kept on other characteristics of Parliamentarians.
__________________

LETTRE OUVERTE AUX PREMIERS MINISTRES DU CANADA CONCERNANT L’IMPORTANCE DE CONSULTER LES ORGANISATIONS DE FEMMES AVANT DE PROCÉDER À TOUT AMENDEMENT CONSTITUTIONNEL ET/OU PROCESSUS DE RÉFORME DU SÉNAT

Le 8 novembre 2013

Au très honorable Stephen Harper, Premier ministre du Canada
À l’honorable Alison Redford, première ministre de l’Alberta
À l’honorable Christy Clark, première ministre de la Colombie-Britannique
À l’honorable Greg Selinger, premier ministre du Manitoba
À l’honorable David Alward, premier ministre du Nouveau-Brunswick
À l’honorable Kathy Dunderdale, première ministre de Terre-Neuve et Labrador
À l’honorable Bob McLeod, premier ministre des Territoires du Nord-Ouest
À l’honorable Stephen McNeil, premier ministre de la Nouvelle-Écosse
À l’honorable Eva Aariak, première ministre du Nunavut
À l’honorable Kathleen Wynne, première ministre de l’Ontario
À l’honorable Robert Ghiz, premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard
À l’honorable Pauline Marois, première ministre du Québec
À l’honorable Brad Wall, premier ministre de la Saskatchewan
À l’honorable Darrell Pasloski, premier ministre du Yukon

cc. :
L’honorable Thomas Mulcair, député, chef du Nouveau Parti démocratique du Canada
L’honorable Justin Trudeau, député, chef du Parti libéral du Canada

Objet:Renvoi relatif à la réforme du Sénat

Messieurs les premiers ministres, mesdames les premières ministres,

Le 12 novembre 2013, la Cour suprême du Canada commencera ses audiences sur le Renvoi relatif à la réforme du Sénat. Le Renvoi est le premier du genre depuis le rapatriement de notre Constitution à examiner comment, entre gouvernements, apporter des modifications à notre système démocratique représentatif. Nous vous écrivons aujourd’hui pour vous inciter à plaider en faveur de l’importance qu’il y a à consulter les organisations de femmes avant de procéder à tout amendement constitutionnel et/ou processus de réforme du Sénat. En outre, nous vous exhortons à enfin adresser la sous-représentation persistante des femmes au Parlement.

Pour que les modifications devant être apportées à nos institutions les plus fondamentales en cette période d’après rapatriement soient légitimes, les Canadien(ne)s doivent être véritablement en mesure de les commenter. En particulier, tout processus de réforme du Sénat doit être élaboré après la tenue de consultations transparentes, ouvertes et responsables auprès des femmes canadiennes, dans toute leur diversité. Idéalement, ces dites consultations comprendraient la tenue d’audiences dans chaque province et territoire du Canada. Elles devraient être accessibles et dotées des ressources nécessaires pour entendre toutes les organisations de femmes intéressées.

Comme titulaires de droits en vertu de la Constitution, il va de soi que les femmes ont un intérêt dans l’interprétation et la mise à exécution de la Constitution. (1) Nous attendons des gouvernements qu’ils considèrent et traitent explicitement la façon dont les modifications à notre démocratie parlementaire respectent leurs obligations de veiller à ce que les principes d’égalité inscrits dans la Charte canadienne des droits et libertés sont appliqués à toute proposition d’amendement constitutionnel ou à toute réforme des structures gouvernementales.

Le résultat de ce Renvoi aura une incidence sur la façon dont les sénateurs et sénatrices seront choisi(e)s plus tard. Tout nouveau processus de sélection et/ou électoral doit traiter de la sous-représentation historique des femmes, des minorités et des peuples autochtones au Parlement. Alors que près d’un siècle s’est écoulé depuis que les femmes ont obtenu pour la première fois le droit d’occuper un poste électif et presqu’un demi-siècle depuis la tenue de la Commission royale sur la condition de la femme, les femmes ne s’approchent même pas de la parité entre les sexes par rapport à la population. Elles atteignent encore moins d’office le niveau de participation dont les hommes se prévalent. (2)

Les soussignées ne prennent pas position en ce qui concerne la répartition des aspects de pouvoir du Renvoi, pas plus que nous ne prenons position sur la méthode préférée au moment de procéder à la réforme du Sénat. Nous exhortons plutôt tous les gouvernements à veiller à ce que tout processus qui sera mis en place ne répète pas les erreurs commises par les processus antérieurs lors d’amendements constitutionnels. Un tel processus doit tenir compte des principes de droit constitutionnel établis. Les femmes au Canada et les autres titulaires de droits en vertu de la Charte ont le droit d’être inclus(es) dans tout processus de réforme du Sénat. Et, tout processus de réforme du Sénat doit promouvoir l’égalité réelle des femmes et des groupes minoritaires.

Pour nous, le Renvoi n’est pas le point final avant la réforme du Sénat. Nous le considérons comme le point de départ. Nous demandons à tous les premiers ministres de voir à ce que nous puissions faire entendre nos opinions et que celles-ci soient prises en compte au moment d’apporter tout changement que ce soit à nos dispositions démocratiques.

Signé par :
Le Fonds d’action et d’éducation juridiques pour les femmes (FAEJ)
L’Association canadienne des Sociétés Elizabeth Fry
La fédération des femmes diplômées des universités
Le Comité d’action du Grand Toronto contre la violence envers les femmes (METR
L’Association nationale femmes et droit (ANFD)
Le Conseil canadien des femmes musulmanes
Le Conseil National des femmes du Canada
À voix égales Toronto
Le Fonds d’action et d’éducation juridiques pour les femmes de la Côte Ouest (FAEJ de la Côte Ouest)
YWCA Canada

1. Pour une discussion détaillée de cette position, veuillez consulter le Mémoire des arguments ci-joint, soumis par le FAEJ dans sa requête visant à intervenir dans le Renvoi.
2. Des informations en provenance de la Bibliothèque du Parlement confirment que, dans l’ensemble, depuis la décision de l’Affaire « Personnes » en 1929, 92 femmes ont été nommées au Sénat, comparativement à 841 hommes. Les femmes représentent actuellement 38 des 105 sénateurs et sénatrices, soit 36,3 %. Les femmes n’ont jamais atteint la parité à la Chambre des communes (ou même au sein d’une assemblée législative provinciale). Au 1er avril 2013, les femmes représentaient 76 des 308 député(e)s, soit 24,7 %. Les statistiques n’existent pas pour d’autres caractéristiques des parlementaires.