— English version follows —

le 8 février 2021

Le Fonds d’action et d’éducation juridique pour les femmes (FAEJ) appuie la demande du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI) de Montréal pour une politique de discrétion absolue de type «  ne pas demander, ne pas dire » pour les travailleurs sans statut durant le couvre-feu de 20 h à 5 h au Québec.

Le FAEJ célèbre la victoire devant les tribunaux jugeant que le couvre-feu ne s’applique aux sans-abri, une décision que le gouvernement a déclaré qu’il respectera. Le service de police conservera toutefois le pouvoir d’exiger de voir aussi bien les documents d’identité des personnes qui sortent durant le couvre-feu que les attestations confirmant qu’ils se rendent à un travail essentiel ou en reviennent. Comme Le Devoir l’a rapporté, des milliers de travailleurs au statut précaire restent maintenant à la maison plutôt que de se rendre à leurs quarts de nuit, et ils perdent du revenu par crainte de se faire arrêter par la police, ce qui entraînerait des conséquences en matière d’immigration, notamment la déportation.

Cette situation survient dans un contexte où un grand nombre de demandeuses d’asile travaillent sur les premières lignes des soins au Québec, notamment dans les centres de soins de longue durée. Des travailleurs de soins migratoires dans des foyers privés partout au Canada, qui sont principalement originaires de l’Asie du Sud-Est, ainsi que des femmes antillaises, africaines et sud-asiatiques, ont perdu leurs emplois ou subissent de plus en plus de mauvais traitements et la détérioration des conditions de travail. Ces emplois, ces travailleurs en ont souvent besoin pour maintenir leur statut au Canada. La surreprésentation des femmes migrantes dans des emplois précaires et sous-payés est bien documentée – le gouvernement du Québec vient d’ajouter une couche additionnelle de crainte et de criminalisation alors que ces personnes essaient simplement de se rendre à leur travail.

Cette situation survient entre autre à Montréal, une ville qui s’est déclaré être une « ville sanctuaire » en 2017, promettant que les personnes sans documentation pourraient accéder aux services sans crainte de déportation.

Dans un communiqué de presse publié récemment, le CTI a déclaré que :

Depuis le début du couvre-feu, de nombreux travailleuses et travailleurs précaires ont vécu du harcèlement policier. Plusieurs qui travaillent pendant la nuit ont rendu compte de leurs expériences d’être pris par une interrogation policière, dans certains cas pour plus de 40 minutes, même après avoir montré leur attestation d’employeur. Ces travailleuses et travailleurs offrent des services essentiels à nos communautés et risquent leur vie pour la survivance de notre société. Elles et ils méritent un traitement respectueux, non pas l’intimidation.

Les préoccupations pour notre santé et notre sécurité doivent inclure la santé et la sécurité de tous. Nous exigeons que la Ville de Montréal respecte son engagement d’être une ville sanctuaire en acceptant immédiatement ces demandes publiées par le CTI :

  1. La politique de discrétion absolue (« ne pas demander, ne pas dire ») quant aux travailleuses et travailleurs sans statut d’immigration;
  2. L’acceptation des attestations de l’employeur au pied de la lettre par la police pendant le couvre-feu;
  3. La distribution des cartes d’identité municipales pour tous les résidentes et résidents de Montréal qui permettront aux travailleuses et travailleurs sans statut d’immigration de s’identifier sans l’obligation de divulguer leur statut d’immigration.

Accroître le risque de criminalisation et de déportation des personnes dont le statut d’immigration est précaire n’empêchera pas la propagation de la COVID-19. Nous demandons la mise en œuvre immédiate de politiques de ville sanctuaire significatives dans la ville de Montréal.


LEAF statement on curfew and migrant workers in Quebec

February 8, 2021

LEAF supports the Montreal Immigrant Workers Centre’s (IWC) demand for a “don’t ask, don’t tell” policy for workers without status during Quebec’s 8:00 pm – 5:00 am curfew.

LEAF celebrates the victory in court deciding that the curfew does not apply to homeless people, a finding that the government has said it will respect. Police, however, still retain the authority to demand to see both identity documents for those who are out past curfew and certificates confirming that they are traveling to or from essential work. As reported in Le Devoir, thousands of workers with precarious status are now staying home from their night shifts and losing income for fear of police stops that will lead to immigration consequences, including deportation.

This is occurring in a context in which many women asylum seekers are working on the front lines of care work in Quebec in long-term care homes. Migrant care workers in private homes across Canada, workers who are primarily South-East Asian, as well as Caribbean, African and South Asian women, have lost their jobs or have faced increased abuse and deteriorating working conditions. These are jobs that these workers often need in order to maintain status in Canada. The overrepresentation of migrant women in precarious and underpaid work is well-documented – the Quebec government has now added a layer of fear and criminalization as individuals simply try to go to their jobs.

This is also occurring in Montreal, a city that declared itself to be a “sanctuary city” in 2017, promising that undocumented people would be able to access services without fear of deportation.

In a press release issued recently, the IWC reported that

Since the curfew started, numerous workers in precarious situations have been harassed by the police. Several night-shift workers have described being interrogated by police, sometimes for more than 40 minutes, despite presenting an essential employment certificate. These essential workers are serving the community and risking their lives to keep society functioning during the pandemic. They merit respect and support, not intimidation.

Concern about our health and safety must include health and safety of all. We call on the City of Montreal to uphold its commitment to being a sanctuary city by immediately implementing these demands issued by the IWC:

  1. A don’t ask, don’t tell policy for workers without status;
  2. Acceptance of the essential employment certificate at face value by police during curfew; and
  3. Distribution of municipal IDs for all Montreal residents that would permit workers without status to legally identify themselves without disclosing their immigration status.

Increasing the risk of criminalization and deportation for those with precarious immigration status will not prevent the spread of COVID-19. We demand the implementation of meaningful sanctuary city policies in the city of Montreal immediately.