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CONTESTATION DE LA LOI 21 SUR LA LAÏCITÉ DE l’ÉTAT 

ATTEINTE À L’ÉGALITÉ DES GENRES: LEAF ET LA FÉDÉRATION DES FEMMES DU QUÉBEC EN COUR D’APPEL

Montréal, 26 novembre 2021 – La Cour d’appel du Québec a accepté la demande du Fonds d’action et d’éducation juridique pour les femmes (FAEJ-LEAF) d’intervenir conjointement avec la Fédération des Femmes du Québec (FFQ) dans la contestation judiciaire de la Loi 21, Loi sur la laïcité de l’État. Les deux organismes comptent démontrer que la loi porte atteinte à l’égalité des genres, notamment en discriminant les femmes portant des signes religieux.  

Comme intervenantes, LEAF et la FFQ proposeront à la Cour d’appel un cadre d’analyse permettant d’utiliser le plein potentiel d’un article peu connu de la Charte canadienne des droits et libertés, soit l’article 28. Elles plaideront que cet article assure la protection de l’égalité des genres et ce, malgré l’utilisation de la clause dérogatoire.    

Une loi qui affecte les femmes musulmanes 

Rappelons que la Loi 21 restreint le port de symboles religieux dans certains postes spécifiques dans le but d’affirmer le Québec comme un État laïque. Le juge de première instance a conclu que cette loi affecte particulièrement les femmes musulmanes parce qu’elles forment le groupe le plus nombreux à porter des symboles religieux visibles dans les professions visées.  

Par exemple, les femmes qui portent un hijab ne peuvent plus travailler comme enseignantes. Celles qui portent un niqab n’ont pas le droit de travailler dans la plupart des secteurs de l’administration publiques et ne peuvent bénéficier des services à la population puisque la Loi exige qu’elles se présentent à visage découvert pour recevoir ces services.  

Le gouvernement, sachant fort bien que sa loi contrevient aux droits à l’égalité, à la liberté d’expression et à la liberté de religion, a utilisé la clause dérogatoire de façon préventive afin d’empêcher toute contestation constitutionnelle. 

« Il y a une garantie d’égalité de genre peu connue dans la Charte canadienne qui a un rôle très important à jouer dans ce dossier, car c’est une garantie que le gouvernement ne peut pas suspendre par l’utilisation de la clause dérogatoire », dit Nathalie Léger, membre de LEAF. “Nous demandons aux tribunaux de reconnaître cette garantie d’égalité des genres dans son analyse des impacts de la loi 21. » 

Article 28 

LEAF et la FFQ interviendront pour expliquer à la Cour d’appel que l’article 28 de la Charte peut être utilisée dans ce cas pour répondre aux atteintes aux droits fondamentaux des femmes musulmanes. La garantie d’égalité de genre a été intégrée à la Charte pour s’assurer que les femmes aient les mêmes droits que les hommes sans que l’État ne puisse y déroger impunément. Dans un cas comme celui-ci, où les femmes sont clairement affectées de manière disproportionnée par l’effet d’une loi, la garantie d’égalité de genre intervient pour déclarer la loi inconstitutionnelle.  

Les organisations feront également valoir que la garantie d’égalité des genres est particulièrement pertinente puisque dans la présente affaire, « il s’agit d’un cas de discrimination qui est spécifique aux femmes musulmanes, qui se produit au croisement de leur genre et de leur religion », déclare Mélanie Ederer, présidente de la FFQ.  

LEAF et la FFQ remercient leurs avocats, Véronique Roy, Lana Rackovic, Geneviève Claveau, Fady Toban, et Sean Griffin (Langlois Avocats), pour leur représentation pro bono devant la Cour d’appel.  

LEAF et la FFQ remercient également les membres du comité de l’affaire qui ont aidé à façonner cette intervention : Natasha Bakht, Safa Ben Saad, Samaa Elibyari, Nancy Labonté, Laïty Ndiaye, Samira Laouni, et Colleen Sheppard. 

Pour les commentaires des médias, veuillez contacter : 

Nathalie Léger
Porte-parole de l’intervention conjointe de LEAF et de la FFQ 
Numéro de téléphone 514-218-7768 
Adresse courriel : [email protected]  

À propos du Fonds d’action et d’éducation juridique pour les femmes (FAEJ-LEAF)   

Le Fonds d’action et d’éducation juridique pour les femmes est une organisation nationale sans but lucratif qui œuvre à promouvoir les droits fondamentaux à l’égalité des femmes et des filles par les litiges, la réforme du droit et l’éducation du public. Depuis 1985, il est intervenu dans des causes historiques entraînant des progrès pour l’égalité au Canada, aidant à prévenir la violence, à éliminer la discrimination dans le milieu de travail, à offrir de meilleures prestations de maternité, à garantir un droit à l’équité salariale et à donner accès aux libertés reproductives. Pour en savoir plus, visitez www.leaf.ca.  

À propos de la Fédération des Femmes du Québec (FFQ) 

La Fédération des femmes du Québec est une organisation féministe autonome créé en 1966 qui travaille à la transformation et à l’élimination des rapports sociaux de sexe et des rapports de domination dans toutes les sphères de la vie, en vue de favoriser le développement de la pleine autonomie de toutes les femmes et la reconnaissance véritable de l’ensemble de leur contribution à la société. Pour en savoir plus, voir www.ffq.qc.ca.


CHALLENGE TO LAW 21, AN ACT RESPECTING THE LAICITY OF THE STATE 

VIOLATION OF GENDER EQUALITY: LEAF AND THE FÉDÉRATION DES FEMMES DU QUÉBEC AT THE COURT OF APPEAL OF QUÉBEC

Montréal, November 26 2021 – The Court of Appeal of Québec has allowed the request of the Women’s Legal Education and Action Fund (LEAF) and the Fédération des Femmes du Québec (FFQ) to intervene jointly in the legal challenge against Law 21, An Act Respecting the Laicity of the State. LEAF and the FFQ will argue that the law infringes gender equality, in particular by discriminating against women who wear religious symbols.  

As interveners, LEAF and the FFQ will propose an analytical framework to the Court of Appeal that will allow for a little-known provision of the Canadian Charter of Rights and Freedoms, section 28, to be used to its full potential. The organizations will argue that this provision ensures the protection of gender equality, even when a government chooses to use the override clause.    

A law that affects Muslim women 

Law 21 restricts the wearing of religious symbols in certain professions with the goal of affirming Québec as a secular state. The trial judge in this case concluded that the law affects Muslim women in particular because they are the largest group that wears visible religious symbols in the professions named. 

For example, women who wear hijabs can no longer be hired as teachers. Women who wear niqabs are prohibited from working in most parts of public administration. Further, women who wear niqabs cannot benefit from public services because the law requires that individuals who wish to receive public services must do so with their faces uncovered.

The government, well aware that its law infringes equality rights, freedom of expression, and freedom of religion, pre-emptively used the override clause to prevent any constitutional challenges.

“There is a little-known gender equality guarantee in the Charter that now has a very important role to play because it is a right that the government cannot suspend via the override clause,” says Nathalie Léger, member of LEAF. “We call on the courts to recognize this gender equality guarantee in its analysis of Law 21’s impacts.” 

Section 28 

LEAF and the FFQ will intervene to explain to the Court of Appeal that section 28 of the Charter can be used in this case to address the violations of Muslim women’s fundamental rights. The section 28 gender equality guarantee was included in the Charter to ensure that women would have the same rights as men, and to ensure that the state could not engage in gender-based discrimination with impunity. In a case such as this one, where women are so clearly disproportionately harmed by the effect of a law, the gender equality guarantee steps in to declare the law unconstitutional. 

The organizations will also argue that the gender equality guarantee is particularly relevant in this case because “this is a case of discrimination that is unique to Muslim women, in that it occurs at the intersection of their gender and their religion,” says Mélanie Ederer, President of the FFQ. 

LEAF and the FFQ are grateful to their counsel, Véronique Roy, Lana Rackovic, Geneviève Claveau, Fady Toban, and Sean Griffin (Langlois Avocats), for their pro bono representation before the Court of Appeal.  

LEAF and the FFQ are also grateful to the members of the case committee that helped to shape this intervention: Natasha Bakht, Safa Ben Saad, Samaa Elibyari, Nancy Labonté, Laïty Ndiaye, Samira Laouni, and Colleen Sheppard. 

For media commentary, please contact: 

Nathalie Léger
Spokesperson for LEAF and FFQ’s joint intervention 
Phone: 514-218-7768 
Email: [email protected] 

About the Women’s Legal Education and Action Fund (LEAF) 

The Women’s Legal Education and Action Fund (LEAF) is a national not-for-profit that works to advance gender equality in Canada through litigation, law reform, and public legal education.    

Since 1985, LEAF has intervened in more than 100 cases that have helped shape the Canadian Charter of Rights and Freedoms, responded to violence against women and gender diverse people, pushed back against discrimination in the workplace, allowed access to reproductive freedoms, and provided improved maternity benefits, spousal support, and the right to pay equity. To find out more, visit www.leaf.ca.  

About the Fédération des Femmes du Québec (FFQ) 

The Fédération des femmes du Québec (FFQ) is an independent feminist organization that works, in solidarity and in alliance with other groups, to transform the social relations of sex in all human activities in order to promote the development of full autonomy of women and genuine recognition of all their contributions to society. To find out more, visit www.ffq.qc.ca.