Dans son projet Valoriser l’économie des soins (projet VÉS), le FAEJ travaille à cerner les obstacles à la sécurité économique dans le secteur des soins et à les démanteler au moyen d’un plaidoyer pour la réforme du droit et grâce à l’éducation juridique du public.
Qu’est-ce que l’économie des soins?
Le travail de soins, rémunéré ou non, concerne les activités et responsabilités qui visent à satisfaire des besoins physiques, psychologiques, cognitifs, développementaux, émotionnels et de santé mentale d’autres personnes.
En ce qui concerne les secteurs inclus dans l’économie des soins, le projet VÉS du FAEJ suit la classification de l’Organisation internationale du travail – qui cite l’éducation, la garde et l’éducation d’enfants en bas âge, les services sociaux et de santé ainsi que le travail domestique.
Le travail de soins est considérablement sous-évalué au Canada. Il s’agit également d’un travail féminisé et racisé.
Sur le marché de l’emploi officiel au Canada, 75 % des travailleur·euse·s de soins sont des femmes. Statistique Canada ne précise pas si ce pourcentage inclut les femmes trans; toutefois, sa récente étude de la situation socioéconomique des personnes transgenres et non binaires a aussi noté une disparité entre les genres dans le travail de soins : les femmes trans sont nettement plus susceptibles que les hommes cis de travailler dans le secteur des soins
Les professions à prédominance féminine sont systématiquement moins bien rémunérées que celles à prédominance masculine. On observe également un écart salarial persistant entre les genres dans les emplois liés aux soins – les femmes immigrées, les femmes autochtones et les femmes racisées touchent les revenus les plus bas de tou·te·s les travailleur·euse·s de soins.
Une somme considérable du travail de soins s’effectue hors du marché du travail rémunéré, et est également genrée et racisée. Les femmes consacrent plus de temps aux tâches ménagères que les hommes. Par ailleurs, les femmes, les hommes trans et les personnes non binaires sont tou·te·s plus susceptibles que les hommes cis d’être monoparentaux·ales. Les femmes dont le revenu est plus élevé ont la capacité de sous-traiter en privé la prise en charge des soins et d’autres tâches ménagères à d’autres femmes, qui sont souvent racisées et sous-payées.
Modifier les lois et les politiques afin de valoriser le travail de soins
Pour remédier à la sous-évaluation du travail de soins, nous devons mettre en œuvre des réformes en profondeur de nos systèmes de protection sociale, notamment dans des domaines tels que les normes du travail et leur application, l’immigration et la protection sociale.
Nous avons également besoin d’un changement de paradigme : les soins sont un droit humain. Des soins de qualité constituent un élément indispensable des obligations du Canada en matière de droits humains. Cela nécessite donc des investissements publics dans des mesures de soutien adaptées qui amélioreront à la fois les conditions de travail des aidant·e·s et les conditions dans lesquelles les personnes reçoivent des soins. Dans son projet VÉS, le FAEJ a formulé trois revendications fondamentales afin d’améliorer l’économie des soins :
- Investissements publics, réglementation et prestation des services d’aidant·e·s
- Statut pour tou·te·s; et
- Justice pour les femmes et filles autochtones, personnes bispirituelles et Autochtones transgenres et de genres divers.
Vous trouverez plus de détails sur l’approche du FAEJ à l’égard du travail de soins ainsi que nos trois demandes fondamentales dans le document-cadre Valoriser l’économie des soins.
La mise en œuvre de ces améliorations fondamentales nécessitera des efforts à long terme et mobilisera l’énergie et les efforts de multiples défenseur·euse·s. En lien avec ces trois améliorations, le projet VÉS préconise spécifiquement deux réformes législatives concrètes :
Les propositions du projet VÉS pour le plaidoyer en faveur d’une réforme du droit
- Mettre fin à l’exclusion des travailleur·euse·s domestiques de la législation sur les normes d’emploi au Nouveau-Brunswick. Le refus de la protection des travailleur·euse·s aux travailleur·euse·s domestiques est contraire à l’article 15 de la Charte canadienne des droits et libertés : il touche de manière disproportionnée les femmes, leur refusant un avantage et perpétuant leur désavantage historique. Consultez le document de plaidoyer pour mettre fin aux exclusions de la législation sur les normes du travail pour les travailleur·euse·s domestiques du Nouveau-Brunswick.
- Modifier l’Assurance-emploi. Les femmes, les personnes trans et les personnes non binaires ne devraient pas être pénalisées pour assumer la majeure partie des tâches liées aux soins familiaux. Le FAEJ exhorte le gouvernement fédéral à mettre à jour la Loi sur l’assurance-emploi afin de tenir compte des réalités genrées du travail, et à veiller à ce que tou·te·s les travailleur·euse·s du Canada bénéficient d’un soutien financier suffisant en cas de cessation d’emploi. Consultez le document de plaidoyer du FAEJ sur la réduction de la discrimination fondée sur le genre dans l’assurance-emploi.
Documents d’éducation juridique du public
Le projet VCE élabore également des documents d’éducation juridique pour le grand public, qui seront lancés à l’automne 2026.
Qui participe à ce projet?
Nous travaillons avec un Comité de plaidoyer formé de militant·e·s et de chercheur·euse·s qui détiennent une expertise issue de leur expérience personnelle, de leur engagement et/ou de leurs travaux universitaires dans le domaine de l’économie des soins. Les membres de notre comité consultatif sont : Bronwen Agnew (sage-femme à la Maison de naissance Marie-Paule Lanthier), Pat Armstrong (The Care Economy Group), Bilan Arte (Congrès du travail du Canada), Cenen Bagon (Vancouver Committee for Domestic Workers and Caregivers’ Rights), Morna Ballantyne (Child Care Now), Alyson Colón (Nunavummi Disabilities Makinnasuaqtiit Society), Tatyannah Côté, Jasmin de la Calzada (PINAY Québec), Kathy Mallett, Johanne Perron (Coalition pour l’équité salariale du Nouveau‑Brunswick) et Katherine Scott (Centre canadien de politiques alternatives). Nous remercions également les anciennes membres du Comité consultatif, Fatima Barron (PINAY Québec), Shayla Claringbold (Pauktuutit Inuit Women of Canada) et Évelyne Bessette (Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec – FIQ).
Pour cerner les obstacles à la sécurité économique des aidant·e·s, nous avons interrogé 20 dépositaires d’enjeux à travers le pays : des organismes de défense des droits des aidant·e·s, des syndicats, des universitaires et des militant·e·s.
Nous remercions Pat Armstrong, Joanne Cave, Ashna Hudani, Nicole Jowett, Siena McIlwraith-Fraticelli, Sepideh Shahi et Sophia Wedderburn pour leur excellent soutien à la recherche.
Les membres du personnel du FAEJ qui travaillent au Projet VÉS sont Aubrey Abaya, Ashna Hudani, Cee Strauss, Margret Taylor et Celia Zhang.
Anti-Heroine Media fournit des services de conception pédagogique et graphique.
Les services d’évaluation sont fournis par Reciprocal Consulting.
COORDONNÉES
Cee Strauss
Directeur·trice du projet Valoriser l’économie des soins
[email protected]
Le FAEJ remercie Femmes et Égalité des genres Canada pour son soutien.